Temps gris de rentrée

le 30/08/2018

A la question « ça te plaît de partir ? », je réponds.

Demain, je m’envole une nouvelle fois vers l’Afrique. 

Ce continent qui me fait peur, ce continent qui n’est pas le mien, ce continent qui me juge, ce continent qui ne m’a jamais vu naître et renaître, quoique... Enfin, non, ce continent qui de toutes façons est indifférent à ma petite personne, passagère.

 

Adieu « mes » montagnes, ces forces des montagnes qui m’entourent et me protègent, presque, depuis toujours. Adieu, ma famille. Adieu, ma routine, mes petits espaces sacrés.

Adieu, au contrôle, au lâcher-prise programmé.

 

Je fais une énième fois le ménage, comme un rituel, afin de reposer mon esprit, suffisamment dérangé et agacé par tant de mouvement annoncé.

L’Afrique. Ce continent m’est indifférent, jusqu’à ce que je pose un pied, puis les deux, sur le sol et jusqu’à ce que je rencontre, de nouveau, ces visages, ces regards, ces sourires, cette vie en soi.

Cette chaleur.

 

Mon Dieu ! Une rentrée près de l’équateur, ce n’est rien qui vaille à mon coeur, qui pleure, ce paysage gris, l’air et les lumières douces qui annoncent qu’il est temps de se retirer, ces feuilles rouges et dorées, qui tombent des arbres qui, eux aussi, n’ont qu’une envie, de se reposer.

La rentrée c’était pour moi le temps de couvrir les livres scolaires de plastique transparent en regardant par la fenêtre le ciel nuageux et pluvieux, et en ressentant le froid s’installer.

Enfin, pas le froid qui arrive parfois après une journée d’orage durant l’été, non, le vrai froid, celui qui ne vous fait pas hésiter à sortir une paire de chaussette du placard.

 

Mes repères, où sont donc mes repères ? 

 

Alors, je laisse derrière moi un appartement, propre, avec ses volets fermés comme il faut (celui-ci ouvert, celui-ci complètement fermé, et celui-là encore à peine entrouvert, pour laisser passer juste un petit peu d’air), ses plantes tout juste arrosées, ses petits nounours bien positionnés sur le lit de mon fils (le petit singe à côté du petit lion, et les deux petits lapins inséparables, ensemble, bien sûr, de l’autre côté de l’oreiller).

 

Ok, je ferme à clé, descends les escaliers... 

Mince, j’ai oublié de fermer une fenêtre. Je remonte les escaliers.

 

Enfin, je débranche les prises de courant.

C’est le moment. J’implore les divinités. Je me mets en route et je récite en boucle un mantra.

Je prie ces arbres adorés, ces montagnes qui expriment tout, comme si, chargées de la chaleur de l’été, elles continuent de diffuser leur présence et leur absence en tout lieu, en tout temps.

 

Bien calée dans mes valises, ma petite tête se décide à partir.

Ainsi, cette année, mes souvenirs d’enfance resteront dans mon coeur et de toute mon âme, je me laisserai vivre.

 

Les montagnes patienteront-elles jusqu’à mon retour, en hiver, en été... Que sais-je ? 

Elles que je n’ai pas vu naître, ni même re-naître.

 

Bel automne à toutes et à tous ;)


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