Love my tears

le 07/02/2019

Quand les souvenirs remontent à la surface (il y a 4 ans)

Je suis née le 22 mai 1983. C’est assez drôle de dire cela en toute confiance car je ne me rappelle absolument pas de cette naissance.

Néanmoins, tous les papiers le disent, ainsi que mes parents. Il ne doit donc pas y avoir de doute.

Et puis, même si je n’ai aucun souvenir « conscient », cette date me convient bien.

 

J’ai aujourd’hui 31 ans.

 

J’étais une petite fille plutôt souriante mais je pouvais parfois beaucoup pleurer. Étant la petite sœur, je ne voulais pas de cette responsabilité – que les aînés portent si bien (parfois même trop bien) - de contrôler ses émotions, d’accepter sans broncher le manque et la solitude ou bien encore de ne pas s’exprimer.

 

Néanmoins, au fur et à mesure du contact avec les grands, de leurs remarques, de leurs regards un peu sévères, j’ai compris malheureusement, qu’il fallait peut-être éviter de montrer trop ses sentiments.

Surtout des sentiments « négatifs » comme ceux pouvant être liés à la peur, à la tristesse, au manque et à la solitude justement.

Je pouvais être heureuse et montrer mon sourire mais pleurer, cela embêtait les grands. Ils ne savaient trop que faire d’une petite fille qui pleure. Selon eux, c’est une petite fille mal élevée.

« - Ah ! Cécile ! je ne la garderai plus le week-end ! Elle pleure pour un rien. » 

 

Je soignerai alors cela plus tard…

En effet, je me demande aujourd’hui si ces réactions de rejet des grands face à des émotions de « détresse » des petits ne sont pas plutôt des réactions de peur face à leurs propres souffrances.

Ils se sont eux-mêmes montrés très dignes face à leur solitude. Par exemple, ils n’ont pas souhaité montrer qu’ils pouvaient ressentir de la peine face à cela. Ils ont alors enterré vite fait, bien fait, cette petite âme (partie intégrante d’eux-mêmes) pour garder leur place d’adulte, qui se doit d’être grand, fier, pouvant surmonter toutes les épreuves.

 

Alors quand une petite fille pleure à leurs côtés, ils se disent qu’ils peuvent eux aussi pleurer, du moins être attendris.

Et quelle idée d’être tendre ?! 

 

Ainsi, si cela ne se fait pas de montrer ses émotions pour devenir grand, j’essaierai le moins possible de pleurer.

C’était peine perdue…

Même si je pouvais certaines fois me réfugier sous la couette de mon lit pour pleurer, cela était trop difficile de me contrôler d’autres fois.

Alors, tant pis, quand cela devait sortir, cela sortait, et même en présence des grands. Et je m’excuserai autant que je pourrai. Ce qui d’ailleurs n’arrangeait rien du tout, puisque le sentiment de culpabilité suivant le sentiment de tristesse (mais encore une fois, pourquoi être triste ?!) me faisait pleurer de plus belle.

 

Après quelques années, ma mère trouva une phrase magique :

« - Cécile, elle est très sensible, c’est une émotive. »

 

J’étais presque sauvée.

Du moins, cette petite phrase, ces deux adjectifs clés (sensible, émotive) m’autorisaient à sortir de temps en temps ce trop plein d’émotions.

C’était mon excuse.

« - Excusez-moi, je pleure, je me rends compte que ce n’est pas bien mais je suis émotive, alors vous comprendrez que c’est à cause de cela… »

 

Voilà ce qu’était mon seul repos, deux adjectifs qui me collaient à la peau.

Et c’est bien le cas de le dire. Car même si mon mental n’était pas en déroute (je ne suis pas une mauviette quand même !), le fait d’ajouter ces termes à mon étiquette – Cécile + émotive + sensible – allait plus tard commencer à m’embêter en me suivant de trop près.

Qui pourrait faire confiance à une jeune fille trop sensible ?

Elle ne peut d’ailleurs se faire confiance à elle-même, nous n’allons pas lui en donner, même si elle est bien jolie, et qu’elle semble aussi assez intelligente.

 

TBC (To Be Confirmed, Continued, Completed… kiekiekie)


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