L’oiseau de nuit

le 07/01/2019

Un jour, un oiseau à l’air hagard, se sentait si seul en haut de son arbre, qu’il voulut quitter son nid.

Il était jeune et frêle, à peine une fois, avait-il osé battre des ailes. Ce qui ne l’avait pas rendu plus vaillant pour autant ! 

 

Mais, soudain, l’idée lui parut plus claire. 

Alors il se dit que c’était bel et bien ce jour qu’il devait laisser derrière lui ces minces petites brindilles, ce cocon à oisillons aussi doux et moelleux que le ventre d’une maman qui fleurait bon l’humidité de la terre.

 

Un orage passa par là.

L’air frais se fit sentir. Quelques brindilles s’envolèrent même bien avant lui…

 

Le torse bombé, les yeux écarquillés, et les ailes renfrognées – il ne fallait pas que trop d’eau de pluie passa au travers de son plumage pour le ramollir – il respira fort et se sentit prêt à vivre l’aventure.

 

Quelques mètres plus bas, au pied du tronc d’arbre dans lequel il était niché, une flaque d’eau se forma.

C’était alors le temps pour un escargot qui rampait non loin de là, de s’en approcher pour y faire trempette. 

Bien calmement, lui qui portait sa coquille inlassablement depuis fort longtemps, le petit mollusque continua à dérouler son corps baveux en direction de la flaque d’eau.

Ah ! Quelle joie de se remémorer au fond de lui ces souvenirs d’antan, ces souvenirs où il n’était qu’un enfant escargot et où il batifolait sans peur ni pudeur dans les eaux du ciel accrochées à la terre.

 

L’oisillon eut alors envie de le rejoindre et de partager leur joie.

Sa course n’était pas folle, loin de là. A peine le soleil commençait à poindre que l’oiseau se rapprocha du bord du nid jusqu’à se jeter, littéralement, vers la terre, quelques mètres plus bas.

Toutes voiles dehors ! Son vol n’était pas très tranquille et ses ailes lui suffirent à peine à se retenir de mettre la tête en bas.   

Ainsi, il plongea, littéralement, du haut jusqu’en bas, pour atterrir à gros fracas - plaf ! – dans la flaque d’eau proche de l’escargot. De sorte qu’il aspergea largement le mollusque qui se sentit tout d’un coup bien empêtré dans sa coquille.

 

L’un voulait piaffer dans l’eau, à sa façon, l’autre voulait voler plus que de raison.

Ils échangèrent un seul moment. Un petit moment, dans l’eau. Puis se retirèrent. Désormais assoiffés de plus belle, par la vie (mais ça ils ne le savaient point), prêts à recevoir, de nouveau, les rayons du soleil.

 

Qui de vous plongera pour la première fois ?

Avez-vous ce désir caché d’enlever votre coquille ?

Enfin, quel sens donnent sur vous les rayons du soleil ?


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