Ce que tu dois, tu le dois aux autres

le 17/10/2018

Dans la série : Tu comptes pour moi, je conte pour toi

Il y a quelque temps de cela, un petit singe savant vivait dans les arbres et adorait se faire plaisir en critiquant un jour cet escargot-ci car il était trop lent, le jour suivant, cette pintade là car elle ne savait pas (vraiment) voler, ou encore un autre jour, ces très petites fourmis qui n’avaient l’air que de travailler nuit et jour, à faire des allers et retours à longueur de journée, de leur nid à un arbre, puis d’un arbre à leur nid, avec à peine une miette de pain sur le dos, voire une minuscule brindille. 

Qui plus est, à quoi allaient-elles leur servir cette brindille ou cette miette de pain ? Certainement à en remplacer une autre dans leur nid. Pfiii, quelle aventure… Ces petits pas incessants semblaient bien trop fatiguants aux yeux de notre petite singe.

 

Lui, sautait et jonglait allègrement d’un arbre à un autre, tout en vaquant à ses occupations favorites… Comme croquer avec audace et énergie une mangue bien juteuse et bien fraîche allongé comme un pacha sur une grosse branche d’arbre. 

Mais aussi, observer – je dis bien, observer - ces petites fourmis marcher, marcher, marcher, ou ces escargots ramper, ramper, ramper ou bien encore ces pintades sauter, sauter, sauter… Jusqu’à ce qu’elles réussissent, de temps à autre, à battre un peu plus des ailes. Ce qui leur donnait une allure très peu rassurante.

 

De toutes façons, cela allait quelques minutes, 5 voire 2, mais pas plus !

Bien qu’intrigué par ce monde environnant, notre petit singe avait besoin de rouler, grimper, se balancer, tournoyer.

L’agitation, rien de mieux pour se mettre carrément de bonne humeur !

Beaucoup plus que d’attendre de voir une pintade prendre son envol.

 

Son petit cri perçant laissait d’ailleurs transparaître tout ce plaisir qui passait en lui. 

Ah! Quelle joie d’être sur terre…

 

Il ne croyait pas si bien dire.

 

Un jour, alors qu’il était confortablement allongé, à sa façon, sur une belle et grosse branche d’arbre, celle-ci commença à faiblir sous son poids. Elle se fissura et patatra se cassa complètement de sorte que, le petit singe, n’eut, ni une ni deux, le temps de s’agripper à quoi que ce soit. Dès lors, il tomba. 

Aïe ! Sa chute bien programmée le déposa les deux fesses sur terre. Et paf ! Il tomba sur l’escargot dont la coquille se brisa ! Ouille ! Il écrasa également au passage une bonne dizaine de fourmis, qui, sous le choc, le piquèrent avec un poison minutieusement préparé.

Il avait bien du mal à se remettre de toutes ces maladresses…

 

A ce moment-là, il aurait bien voulu se confier à la pintade qui continuait, ici et là, à sauter, sauter, car elle ne savait – encore - toujours pas bien voler.

Occupée, il l’appela : 

-      Pintade, ouhou ! Pintade ! Vois-tu ce qui m’est arrivé ! Aïe, je suis tombé ! Ouille, une, enfin, plusieurs fourmis même m’ont piqué, et mince, en tombant, malencontreusement, un escargot vivant et se déplaçant confortablement dans sa coquille est devenu tout plat sous l’ampleur de mon poids.

-      En effet, tu as dû te faire très mal, mais que puis-je faire pour toi, là maintenant ? répliqua la pintade.

-      Je ne sais pas, peut-être que tu pourrais m’apprendre à voler ? Comme ça, si je tombe une prochaine fois, je saurai voler et j’arriverai, dans ma chute à me rattraper avant de me retrouver les deux pieds sur terre.

-      D’accord, alors tu vois, c’est très simple…

 

Et la pintade continua dans un discours habilement prononcé, avec des mots fort bien étudiés, à lui démontrer quelle envergure déployer pour réussir un vol plané, quel type de plume utiliser pour se trouver dans l’air avec un équilibre absolu et quelle puissance apporter dans les cuisses pour donner l’impulsion adéquate à une sortie de piste contrôlée.

 

Moralité : Un rêveur,  sachant rêver, ne rêve jamais seul…


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