C’est quoi, lui ?

le 25/07/2018

Dans la série « je me pose des questions quand les autres posent des questions »

Voici la question posée par mon fils à une connaissance récemment rencontrée près de chez nous.

Je précise qu’il a bientôt 3 ans et pour ne pas l’entendre dire la même chose à 18 ans, à moi de répondre : on ne dit pas « C’est quoi ? » mais « Qui es-tu ? » ou encore « Comment t’appelles-tu ? » à une personne, mimi !

Enfin, quand on élève ces petits, c’est à se demander quelle est notre identité à nous – enfin, à moi !!! - parfois. Notre « qui » ? 

Parce que, franchement, quand ces petits diables sont en train de passer par l’affirmation de leur propre identité (« je veux faire tout seul ! » ce n’est pas que dans les livres…), ils nous signalent aussi volontiers que nous en avons bien une, d’identité.

 

Ainsi, je me demande qui je suis, ou ce que je suis quand un petit garçon de moins d’un mètre me saute littéralement dessus quand je suis dans la posture du cadavre (ou Savasana, au yoga) – je précise que c’est une posture de détente – ou quand il me donne ces petits coups de mailloche de tambour sur le dos quand je suis dans une posture de chien tête en bas (ça tombe bien, j’avais besoin d’un massage…) ou bien encore quand il me crache dessus – avec le sourire, c’est plus rigolo - quand je médite « zen ».

Et que dire de tous ces cheveux tirés, arrachés (et ce, depuis la naissance), ces beaux t-shirts blancs tachés, ces colliers cassés, ces rouges à lèvres ignorés, tous ces grains de riz tombés, à côté de l’assiette, puis collés, à nos chaussettes… ces petits coups de pieds « innocents » quand tu dors (enfin, quand il dort, à tes côtés) qui te font lever, justement, d’un pied un peu déprimé, enfin, ces pieds, encore, et ces mains « baptisés » …

 

Dans ces cas-là, soit tu rigoles, soit tu ressens une grande rage intérieure. 

Soit les deux…

 

Plus dure sera la chute !

 

Car, bien entendu, si tu as, le temps d’un nettoyage, décrottage, ramassage, rabibochage, oublié « qui » tu étais, notre compagnon de route (qui ?), lui, tente un passage, au travers de toutes ces émotions et commence à se poser 36000 questions. 

Ok, c’est quoi « le(s) message(s) ? »

 

Et revoilà, le petit, en chair et en os, qui redouble d’efforts tout en riant aux éclats. 

La face cachée de l’iceberg déborde de nouveau. 

 

Et tout en respirant 3 fois profondément, tu te dis, forcément, que cela n’y fera rien. 

 

L’idée me vient alors d’utiliser un joker.

Ok, la vie est un jeu. Alors, inversons les rôles… 

Oui, j’avoue, soudain une « forme pensée » de cracher à la figure de mon enfant me vient à l’esprit. Voire même plus loin. Comme quoi, notre imagination est sans limite. Aïe !

 

… La peur ! Quelle peur ?...

Et lui, jusqu’où va-t-il aller ? Jusqu’où pourrait-il aller ? 

Quand je travaille avec ma tête, son corps joue les acrobates.

A chacun son mode d’expression… 

Enfin, le souffle coupé, j’ai comme l’ultime impression que mon enfant s’extirperait de la vie (et m’extirperait à la vie, par la même occasion…), qu’il ne serait plus à moi, en moi, mon petit ange et mon démon à la fois.

Mais qui suis-je encore pour parler de cela ? re-Aïe !

 

Allez, cœur contre cœur, il n’est pas loin le chemin vers la libération. 

Finalement, le masque ignoré, la voilà cette terrible illusion, qui se moque bien – grrr - de savoir si oui ou non, elle a un nom. Ah ! Ah ! Ah !

 

Et sinon, je me préparerais bien un je ne sais quoi d’infusion de mélisse tout en réalisant 2-3 fois le mouvement de liaison vu récemment dans le magazine Esprit Yoga… (http://www.esprityoga.fr/easyblog/apprendre-a-dompter-sa-colere)

Quant aux crachats, je doute qu’il y ait une solution quand la raison laisse place à l’interrogation... Goups ! Pardon!


Partager cet article :

FacebookTwitterGoogle


Retour

Log In to edit article.