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le 05/04/2019

Toto, à la rencontre de Karl Largerfeld

Quand j’ai commencé à m’intéresser à la spiritualité (enfin, à l’intellectualiser, puisque la spiritualité est. On la vit tous les jours, qu’on en est conscience ou non) mon esprit scientifique essayait d’interpréter ce que je lisais, ce que j’observais. 
J’essayais, de comprendre, par des schémas imagés, avec des traits, des flèches, des formes géométriques.

Et je pouvais écrire sur mon carnet de notes comme si je travaillais sur une équation.

Une âme contient le Tout et le Tout contient une infinité d’âmes… 

Tout est relatif ? Rien n’est absolu !

 

Hélas, ma feuille de papier ne pouvait me laisser écrire en profondeur. 

Matériellement parlant, je restais alors dans un système à deux dimensions. 

 

Nous pouvons toujours, en surface, dessiner la notion de temps par une flèche partant de la droite pour aller vers la gauche. 

Le temps. Linéaire.

Mais je parle en tant que droitière. Et que faire si un gaucher se joint à moi ? Une confrontation ?

Pire ! Un arabe écrivant de gauche à droite. Vu le monde dans lequel nous vivons, ne déplacez par la phrase de son contexte, svp. L’existence du 0, sur le papier, que l’on doit, justement, aux arabes, a non seulement donné vie à Toto – souvenez-vous, la tête à Toto – mais aussi à l’interprétation sublimée du vide et de l’infinité. 
Et en lui rendant toutes ses lettres de noblesse, ce zéro, à lui seul, pourrait résoudre bon nombre de conflits dont ceux qui n’ont même pas encore commencé. 

Enfin, que dire d’un japonais, écrivant japonais… De haut en bas !

 

Bref, on est tombé sur la tête, avant même de s’arracher les cheveux sur la résolution, d’une quelconque équation.

Alors, autant se décider à la résoudre, ensemble, cette équation ! Quel que soit la dimension.

 

Cette semaine, en terminant de regarder sur internet la série documentaire « Wild Wild Country » qui retrace l’épopée du grand Guru Bhagwan (aussi connu sous le nom d’Osho) et de son ashram initialement installé en Inde puis déplacé et complètement recréé à Antelope, dans l’Oregon, aux États-Unis, sous l’égide de sa secrétaire, Ma Anand Sheela, je me suis rendue compte comme l’effet de groupe pouvait être puissant et comment une communauté, à elle-seule, pouvait créer une ville entière, de A à Z. Avec sa constitution, son supermarché, ses noms de rue…

 

Avant de partager ses terres, Antelope était une petite bourgade d’environ 50 habitants. 

Rajneesh Puram (la ville de la communauté d’Osho) se composait à ses débuts sur place d’environ 6000 personnes.

Une ville aux côtés d’un village qui est rapidement devenu une ville dans une ville. 

Le nouveau prenant place sur l’ancien.

 

D’un côté, l’appréhension de la colonisation ne tarde pas à se faire sentir. 

De l’autre, on dit non à la vague d’incompréhension en continuant de partager sa vision.

Quel qu’en soit le prix…

Et si les uns étaient armés, les autres commencent à s’armer. 

Si les premiers votent pour conserver leurs droits, les seconds tentent le tout pour le tout pour être majoritaire lors du vote.

Une escalade de prise de pouvoir. Des scandales commencent à voir le jour.

 

Finalement, quelques années plus tard, après les épisodes du départ de Ma Anand Sheela et l’arrestation d’Osho, la plus grande partie de la communauté des débuts se dissocie, et de plus petits groupes s’en vont, chacun, de part le monde, pour recréer, à leur façon une autre communauté.

La petite ville d’Antelope, elle, reste telle qu’elle était, presque, comme avant l’« invasion ».

 

Les uns diront qu’ils ont gagné la partie, en conservant leur territoire. Les autres qu’ils ont su poursuivre l’enseignement, quel que soit les épreuves et l’emplacement.

 

Qui a tort ? Qui a raison ?

Au fond, ne serait-ce pas la question qui donne la solution ?

En voilà une question !

 

Qu’on se rassure, Karl Lagerfeld disait « Je ne garde pas ! J’adore détruire pour reconstruire. », et il était bel et bien dans l’air du temps !


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